| Pouvoir d’achat de la posture à l’imposture |
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| 23-10-2007 | |
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Vie chère . Du SMIC à l’allocation de rentrée scolaire, le chef de l’État avait promis de répondre aux attentes des Français. Seules les grandes fortunes ont été servies. « Expliquer qu’il n’y a pas de problème de pouvoir d’achat en France, c’est se moquer du monde », s’exclamait avec cet accent de vertu blessée dont il est coutumier, le chef de l’État devant l’université d’été du MEDEF. Le lendemain, histoire de se montrer bien « à l’écoute » de ses concitoyens en butte à la hausse des prix, il visitait un centre commercial de la région parisienne. Comme il l’avait fait, avec un succès certain auprès des électeurs, pendant la campagne présidentielle, Nicolas Sarkozy brandit à nouveau le drapeau de la lutte contre la vie chère. Il sait la question ultra-sensible. Voilà plus de cent jours qu’il tient les commandes de l’État et - répète sur tous les tons sa - détermination à « tout changer ». Or, le hiatus entre paroles et décisions devient de plus en plus difficile à camoufler. Ces six mois d’hyper-présidence se caractérisent en effet, s’agissant du pouvoir d’achat, par une série d’occasions délibérément manquées. · Pas de coup de pouce au SMIC, et seulement 4 euros de plus pour la rentrée scolaire Ce fut, le 1er juillet, le refus de donner le moindre « coup de pouce » au salaire minimum, qui aurait pu rendre un peu moins compliquées les fins de mois de 2,5 millions d’hommes et de femmes - ceux-là mêmes qui avaient les honneurs des discours électoraux du candidat Sarkozy au titre de la France « qui se lève tôt, travaille dur ». Relevé du strict minimum légal, le SMIC dépasse aujourd’hui à peine les 1 000 euros, net par mois… Mais c’était sans compter l’allocation de rentrée scolaire (ARS), ), versée à près de 3 millions de familles à revenus modestes et portée cette année à 272,57 euros par enfant soit… 4,56 euros de plus que l’an dernier ! · Fin de non-recevoir pour les fonctionnaires Les cinq millions de fonctionnaires, dont le pouvoir d’achat a baissé de 6 % depuis 2000, étaient en droit d’attendre un début de concrétisation du discours sarkozyen sur la « valeur travail » qu’il faudrait mieux « récompenser Pourtant les agents de l’État devront ronger leur frein et se contenter de la suppression de milliers de postes, en échange de quoi leurs salaires seront vraisemblablement revalorisés de…0,25 % ! · Privé : au bon vouloir des patrons Quant aux 16 millions de salariés du privé, ils devraient s’en remettre à la théorie du « gagner plus en travaillant plus » et tout espérer de la défiscalisation des heures supplémentaires, votée par le Parlement en juillet, et applicable le mois prochain. Un calcul très aléatoire comme l’ont montré les syndicats et nombre d’économistes, les heures sup relevant du bon vouloir patronal. Le gouvernement aurait pourtant un bon moyen d’infléchir leur choix : les quelque 23 milliards d’euros distribués annuellement par les pouvoirs publics aux entreprises sous formes d’allègements de charges, sans véritable contrepartie. Et si, en guise de vraie « rupture », les pouvoirs publics conditionnaient l’octroi de cette manne à l’ouverture de négociations salariales et à une clause de progrès des rémunérations ? Cette mesure ne figure malheureusement pas sur l’agenda, pourtant chargé en « réformes », du chef de l’État… · Bingo pour les plus fortunés ! Et pour cause, puisque qu’en réalité, une seule catégorie d’individus a tout lieu de se féliciter de l’action du président en matière de pouvoir d’achat : la petite minorité des bénéficiaires des grandes largesses contenues dans le fameux « paquet fiscal », et qui concernent les plus fortunés des contribuables (bouclier fiscal à 50 %, sup- pression de fait de l’ISF, - exonération des droits de succession, etc.). Pour ceux-là, Sarkozy a déjà fait un chèque de quelque 6 milliards d’euros, tiré sur le compte de finances publiques lourdement déficitaires… · Et tout ça en attendant la TVA « sociale » ! Refusant, au fond, de modifier la situation des salaires, le chef de l’État tente de faire illusion en braquant les projecteurs sur la hausse, bien réelle, des prix. Mais, d’une part, les moyens d’action envisagés sont, pour le moins, sujets à caution : avec la fin annoncée de la loi Galland, la grande distribution contiendra peut-être la valse des étiquettes, mais au prix fort, notamment pour les agriculteurs. D’autre part, le président ignore d’autres postes du budget des ménages, pesant bien plus lourd que l’alimentation, et qui ont connu de fortes poussées tarifaires : loyers, transports, énergie notamment. Si l’on ajoute au tableau la perspective de l’instauration de franchises médicales et de la TVA « sociale », la posture de Sarkozy en croisé du pouvoir d’achat apparaît pour ce qu’elle est : une imposture. Pour le PCF, la revalorisation substantielle des salaires relève de la justice sociale. L’ augmentation du SMIC permettrait, non seulement, de vivre mieux ou de vivre tout court, mais permettrait de tirer vers le haut l’ensemble des salaires. Cela aurait pour effet immédiat de remettre à flot les caisses de la Sécurité Sociale, de relancer la consommation interne qui concerne 60% des emplois en France et donc de créer « la demande » des emplois supplémentaires. Cela permettrait de réduire la précarité, les coûts et le gâchis du chômage, de réduire également les aides sociales et le surendettement des familles. C’est précisément la reconnaissance de l’individu par l’utilité sociale de son travail et le minimum pour vivre de son travail dont il est question.
Colonne :
Propositions du PCF : - Porter immédiatement le smic à 1500 € brut/mois pour 35h, et rapidement à 1500€ net. - Augmenter l’ensemble des salaires, des retraites et des minimas sociaux. - Donner de nouveaux droits aux salariés et aux CE - Faire cotiser les revenus financiers comme le travail - Instaurer une véritable autonomie de la jeunesse - Abaisser le taux de la TVA sur les produits de première nécessité pour atteindre progressivement le taux zéro. |
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